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Le genre et la notion de caractère au XVIIIème siecle : ses aspects sociaux et psychologiques chez Marivaux

Friday, 12 May, 2006 - 14:00
Campus: Brussels Humanities, Sciences & Engineering campus
Faculty: Arts and Philosophy
D
2.01
Evelyn Egbeokaruwa Ogbebor Iguisi
phd defence

Si les études sur les oeuvres journalistiques de Marivaux se sont multipliées ces dernières
années, il ne semble pas qu’on ait déjà soumis la notion de caractère au dix-huitième siècle en
France à un examen approfondi. De même, le sort du genre du caractère et la postérité de La
Bruyère à l’époque des Lumières demeurent mal connus, en particulier l’influence de ce
dernier sur Marivaux. Enfin, le genre voisin du portrait n’a pas non plus suscité beaucoup
l’intérêt des chercheurs au courant des dernières décennies, si bien que beaucoup reste à faire,
notamment en ce qui concerne les rapports entre le portrait et le caractère. De telles lacunes
légitiment une recherche sur le statut tant de la notion que du genre du caractère dans l’oeuvre
journalistique de Marivaux.

Mme Iguisi commence par éclairer la distinction du mot « caractère », de la notion
philosophico-psychologique et du genre. Elle retrace l’évolution de la notion de caractère, les
sens changeants du mot, de même que l’évolution que connaît le genre. Elle remonte à
l’Antiquité et atteint l’époque des Lumières, en passant par le grand siècle. La littérature
critique, les dictionnaires et les études d’histoire littéraire lui permettent de situer son sujet.

L’idée directrice est celle, empruntée aux études connues de Louis Van Delft, que la
modernité est marquée par l’effondrement de la caractérologie traditionnelle, d’obédience
aristotélicienne et théophrastienne, laquelle se trouve remplacée progressivement par une
vision de la nature humaine plus souple et plus « ouverte ». Durant le classicisme des dixseptième
et dix-huitième siècles les deux anthropologies coexistent, se chevauchant parfois
dans un seul et même auteur : c’est précisément ce que Mme Iguisi entend montrer dans le
détail à propos de Marivaux. Elle repère dans les textes journalistiques l’héritage de
l’anthropologie traditionnelle, mais aussi les signes d’une conception de l’homme plus
dynamique, qui porte l’influence de la philosophie sensualiste. L’examen détaillé des rapports
entre La Bruyère et Marivaux permet également de mieux cerner la place de transition de ce
dernier entre tradition et modernité.